As-tu le pouvoir de faire une différence dans le monde?

Je suis un peu bouleversée. Je viens encore de tomber sur des images d’enfants qui subissent la guerre, et comme d’habitude je suis triste et je me sens impuissante. La question qui résonne dans ma tête c’est « Qu’est-ce que je peux faire ? ».

Je suis sure que ça t’arrives souvent, à toi aussi, d’être témoin de quelque chose comme ça, que ce soit la guerre, la pauvreté, l’environnement, la maladie ou l’injustice, et de te poser cette question.

Qu’est-ce qu’on peut bien faire face à tous les problèmes de notre planète ? Nous qui ne sommes que de petits individus sans influence ni richesse.

A-t-on vraiment le pouvoir de faire une différence ?

Photo credit: Billy Young.

Photo credit: Billy Young.

Même si c’est la guerre qui m’a lancé dans l’écriture de cet article, ma préoccupation première, comme tu le sais certainement, c’est l’environnement. Ce que je peux faire, ou même ce que les humains en général peuvent faire, pour tenter de sauvegarder l’environnement, me hante en permanence. Parfois, je me décourage et je désespère, parfois je suis persuadée qu’on peut y arriver.

J’ai centré tous mes efforts autour de cette cause : avec ce blog, avec mes propres réflexes écologiques, avec les longs speechs que je donne à tour de bras, avec mon régime alimentaire, avec les dons que je fais à Cool Earth.

Et pourtant ça continue de tourner dans ma tête : est-ce que je ne devrais pas faire plus ? Est-ce que j’ai vraiment le pouvoir de faire une différence ?

Et puis un jour, il y a quelques mois, je me suis retrouvée dans une situation qui a complètement retourné la façon dont je voyais les choses. Brutalement, la question « est-ce que j’ai le pouvoir de faire une différence ? » s’est transformée en « qui d’autre que moi a le pouvoir de faire une différence ? ». Et la réponse était évidente : personne. Qui d’autre qu’une jeune française avec la santé, la liberté, de l’argent et une éducation allait pouvoir agir ? Si je considérais que je n’avais pas le pouvoir, alors qui ?

Qui ? (Pixabay)

Qui ? (Pixabay)

Voilà ce qui s’est passé le jour de cette révélation :

J’étais au Népal près de Chitwan et je faisais du volontariat dans une ferme écologique. Le propriétaire de la ferme était très engagé pour l’environnement. Il agissait vraiment pour son village. Il voulait expliquer aux Népalais pourquoi il fallait mettre les déchets dans une poubelle, pourquoi il fallait éviter d’utiliser des pesticides pour les récoltes, etc … Autant te dire que j’étais bien contente d’avoir atterri dans un endroit comme ça !

Dans le cadre de mon travail comme volontaire, le propriétaire a demandé à moi et à une autre jeune française également présente sur la ferme, de peindre une grande fresque bien visible sur le mur qui longeait la route qui donnerait des infos sur le réchauffement climatique et comment l’éviter.

Voilà ce qu’on a fait :

ecovillage art paint environment

Alors qu’on avait presque fini notre « œuvre d’art », des habitants du village sont arrivés pour regarder. Ils hochaient la tête et répondaient à mes sourires, même s’ils avaient l’air un peu perplexe sur ce qu’ils voyaient. Je me fis alors la réflexion que ça devait être compliqué pour eux d’agir pour l’environnement. Ils n’utilisent pas de bouteilles en plastique ni de sacs plastiques, n’ont pas de voitures, n’ont pas la mer, ne mangent déjà presque pas de viande, ni de plats préparés … hé mais attends ! je leur demandais de faire quoi au juste avec mon dessin ?

J’ai regardé mon pinceau et j’ai soudainement réalisé l’horrible hypocrisie de la situation : deux jeunes françaises vivant dans des appartements individuels dans un pays développé, qui avaient assez d’argent et de liberté pour voyager, avaient émis des tonnes de CO2 en prenant l’avion jusqu’au Népal, et étaient maintenant en train de donner des leçons d’écologie à des gens qui n’avaient finalement quasiment aucune responsabilité dans le dérèglement climatique !

Est-ce qu’on avait l’impression de faire une différence en peignant ces informations sur un mur ? Est-ce qu’on était pas un peu plutôt en train de se décharger de la responsabilité qui est la nôtre en tant que membres d’un pays développé ?

Donc à toi qui lis ces mots, est-ce que tu as le pouvoir de faire une différence ? La réponse est OUI.

Car si ce n’est pas nous qui agissons, alors qui va le faire ?

"Comment ça tu peux rien y faire ?"

“Comment ça tu peux rien y faire ?”

Je t’entends d’ici répéter « Mais qu’est-ce que je peux bien y faire, moi ? ».

Quelque soit la cause que tu as envie de défendre, voilà cinq choses que tu peux facilement faire, dès aujourd’hui :

T’INFORMER

Forcément, c’est la première chose à faire. Pour pouvoir agir, il faut avoir tous les éléments en tête et toutes les cartes en main. Par exemple, si tu penses aider les Ethiopiens en reconstruisant leurs maisons alors que tu n’as jamais mis les pieds sur un chantier, c’est certainement que tu ne t’es pas assez informé ! En revanche, en rassemblant un maximum d’informations, tu seras capable de comprendre le problème en profondeur et donc de diriger tes efforts dans la bonne direction !

PROMOUVOIR

Puisque tu es maintenant convaincu et capable de convaincre les autres grâce à ta connaissance en profondeur du sujet, tu peux maintenant promouvoir la cause. Sachant que je ne parle pas ici d’aller défiler dans les rues ou de twitter comme un diable jusqu’à perdre tous tes contacts. Pour te donner un exemple, j’ai rencontré au Népal trois personnes différentes qui avaient pour projet de faire un tour à dos d’éléphant. En exposant (en douceur) les informations que j’avais rassemblées, j’ai pu tous les dissuader de pratiquer cette activité. Méga youpi !

Une autre façon de sensibiliser le public est l’éducation ! Et oui, les enfants vont devoir reprendre le flambeau un jour ou l’autre ! Il ne faut donc surtout pas sous-estimer l’influence des maîtres d’école, des parents, des babysitters, des tontons, des grandes soeurs, etc … ils sont aussi en train de préparer le monde de demain ! Je travaille très souvent avec les enfants et c’est toujours une joie pour moi de répondre à leurs questions sur l’environnement, sur le racisme ou tout autre sujet important.

DONNER

Et oui je parle bien de donner de l’argent. Je sais que c’est embêtant de toujours en arriver à cette conclusion, mais c’est pourtant une des seules choses que nous pouvons vraiment contribuer à distance. Et en même temps, si on y réfléchit une seconde, on en a tellement d’argent ! C’est bien normal d’essayer de l’étaler un peu vers les endroits où il n’y en a pas, n’est-ce-pas ? Ca semble logique … et pourtant ceux qui me lisent depuis un moment savent bien que je ne suis pas riche. Je fais mes comptes au jour le jour, et malgré tout j’ai quand même trouvé un peu à donner. Si ça passe pour moi, ça passe pour tout le monde !

TE FORMER

Là on passe au niveau supérieur. Un certain nombre de gens travaillent pour rendre le monde meilleur et défendre les causes auxquels ils croient. Pourquoi pas toi ?

Bien sûr j’ai conscience que ce n’est pas une possibilité pour tout le monde de diriger ou rediriger sa carrière dans ce sens, mais pour les autres ça vaut le coup d’y réfléchir ! Personnellement, bien que je n’ai pas de carrière à proprement parler, chacun de mes projets comporte une partie qui se relie à ma cause, sinon à quoi bon ?

AGIR

Finalement, passer à l’action ce n’est pas bien compliqué. Que ce soit au sein d’une association, en créant ton propre projet, en organisant une récolte de fonds, en sensibilisant un public, ou juste en changeant ses petites habitudes personnelles, tu te rendras vite compte que de défendre une cause en laquelle on croit apporte un bonheur incroyable ! Je vais même te faire une petite confession : ce n’est qu’en choisissant ma cause que j’ai compris ma vie. Tu vois ce que je veux dire ? Si non, tu comprendras plus tard, je te fais confiance.

Partage ça sur Pinterest, ça fais partie de la phase de sensibilisation ! Photo credit: Billy Young.

Partage, ça fait partie de la phase de sensibilisation ! Photo credit: Billy Young.

Moi en tout cas, je compte bien continuer à me battre. Et toi, est-ce que tu crois toujours que tu ne peux rien faire ?

2 commentaires sur As-tu le pouvoir de faire une différence dans le monde?

  1. Très chouette article, encore une fois ! Quelle que soit la situation, nous avons à chaque fois le “pouvoir de faire une différence”, que ce soit à petite échelle, en commençant à changer soi-même, ou en agissant à plus grande échelle.

    J’ajouterais un complément à ta réflexion : une fois que l’on est informé, je pense qu’il est important de commencer à changer “ses petites habitudes personnelles” en même temps que l’on cherche à promouvoir ce changement. Car montrer l’exemple en ce sens suscitera la curiosité (les gens sont interpellés et te posent des questions), et encouragera les autres à changer (en provant que oui, c’est possible!).

    Et gros big up pour l’éducation ! On sous-estime beaucoup trop son importance.

    Bonne continuation à toi,

    Nathan

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