Comment gérer l’imprévu en voyage ?

Ca arrive forcément, même aux voyageurs les plus expérimentés ou débrouillards. Parfois, un gros imprévu en voyage te tombe dessus et c’est la fin du monde. Vol, arnaque, annulation d’avion ou autres pépins, il n’est pas toujours facile de faire face aux situations compliquées quand on est seul et/ou dans un pays étranger. Et pourtant, c’est bel et bien ta réaction à ce moment crucial qui va déterminer la suite de ton voyage. Je te raconte une petite histoire perso et puis je t’explique …

Afrique du Sud, deux jours avant mon avion retour. La navette de Coffee Bay me dépose à la station service de Mthatha. Mon prochain bus (bus local, bien sûr) direction Durban arrive dans moins d’une heure. En sortant de la navette, le chauffeur nous prévient : “faites attention ici au distributeur, ne laissez surtout pas quelqu’un vous aider”.  Je me dis intérieurement qu’il faudrait être bien bêta pour laisser quelqu’un prendre sa carte bancaire.

Comme je n’ai plus un rond en poche après mon passage sur la Wild Coast, je rejoins la file pour le distributeur (tu sais déjà ce qu’il va se passer, n’est-ce-pas ?). La femme devant moi retire des sous puis se retourne vers moi alors que je m’avance vers le distributeur. Elle m’arrache ma carte bancaire des mains et la met dans le distributeur en m’expliquant comment faire. Je la repousse immédiatement en protestant, elle s’en va.

Là, tu devines surement la suite, c’est une arnaque classique.

Je passe quelques minutes à me débattre avec le distributeur pour essayer de récupérer ma carte. L’homme derrière moi dans la file finit par me proposer son aide. Il appuie sur trois boutons et me dit de taper mon code. J’obéis comme une nouille, mais il ne se passe rien. Persuadée que ma carte est toujours bloquée dans le distributeur, j’appelle finalement la sécurité de la station service à la rescousse. On m’emmène dans le bureau de la chef. Elle me retrouve la vidéo de sécurité : ma carte n’a jamais touché le distributeur. En un tour de passe-passe, elle s’est cachée dans la manche de la femme, et j’ai ensuite bien gentiment tapé mon code bancaire devant son acolyte.

Et voilà, je me retrouve seule à l’étranger, sans un sou, sans téléphone, et probablement avec mon compte en banque qui se vide à vitesse grand V à chaque seconde d’inaction. Sur le coup, je garde la tête froide. J’envoie un message à quelqu’un en France pour qu’on bloque ma carte bancaire au plus vite puis je cours attraper mon bus pour Durban qui s’apprête à partir (réservé à l’avance, heureusement).

Une fois à ma place, les larmes coulent et la panique prend le dessus. Tout mon peu d’argent est en train de s’évaporer. Est-ce qu’il va me rester assez pour payer mon prochain loyer ? Et comment est-ce que je vais réussir à rejoindre l’aéroport ? Ou est-ce que je vais dormir ce soir ? Je n’ai rien réservé ! Ca s’angoisse et ça spirale dans mon cerveau.

Je me laisse aller pendant quelques minutes puis je fais un “pas de côté” (tu sais pas faire un pas de côté ? apprends à méditer !) pour prendre du recul sur la situation. Ce qui est fait est fait. Peu importe à quel point je m’angoisse et me tords les mains, je ne peux rien faire depuis ce bus pour protéger mon compte en banque ou remplir mon porte-monnaie de dollars. A cet instant, je n’ai aucun pouvoir sur la situation, alors à quoi ça sert de s’inquiéter ?

Je respire, je me calme. Je pardonne aux deux complices qui m’ont volé ma carte bancaire. Ils ont certainement été poussés à cette action par des circonstances difficiles et ils ne m’ont pas vraiment fait du mal, ce n’est que de l’argent. Puisqu’on y est, je me pardonne aussi à moi-même de m’être fait avoir.

Une fois débarrassée de mon angoisse, de ma colère et de ma fierté froissée (car oui, il y avait un peu de tout ça dans mes larmes), je m’installe plus confortablement dans mon siège et je regarde défiler le paysage. Plus que deux jours en Afrique, autant en profiter !

Quelques heures plus tard, je sors du bus dans la nuit de Durban, en paix avec le monde entier. Mon sac à dos est tout au fond de la soute et un jeune, originaire de Durban, m’aide à le récupérer. Revenue à mon état de détente habituelle, je lui fais un grand sourire de remerciement. Il me demande si j’ai besoin d’aide pour trouver mon chemin, car il fait déjà nuit. Je lui réponds, tout naturellement et en rigolant presque, que je cherche effectivement une auberge de jeunesse au patron très arrangeant car je viens de me faire voler ma carte bancaire et je n’ai plus un sou en poche.

Ni une, ni deux, mon sauveur passe un coup de fil à sa soeur qui vient nous chercher en voiture. L’adorable duo me dépose à une auberge de jeunesse qu’ils connaissent bien, me paye mon lit et me laisse assez d’argent pour rejoindre l’aéroport le lendemain. Dans l’auberge, tout un groupe de locaux s’est réunit pour faire la fête. On m’entend raconter l’arnaque à la réceptionniste, alors on me prend dans les bras, on me demande si ça va, si j’ai besoin de quoi que ce soit, on me rassure en me racontant les arnaques similaires qu’on a subit, et puis on m’invite à la fête pour me remonter le moral.

Mais à ce stade, mon moral n’a plus besoin d’être remonté ! Ce qui a commencé comme une journée à jeter est maintenant un de mes meilleurs souvenirs de voyage !

Si je te raconte cette histoire en détails, c’est pour t’aider à réagir quand ça t’arrivera à toi (et ça arrivera forcément si tu voyages assez longtemps). Face à l’imprévu en voyage :

1. Relativise

Ce n’est pas la fin du monde ! Il arrive des choses bien pires à beaucoup de gens. Tu es toujours en voyage, alors profites-en !

Je ne dis pas de ne pas réagir face à un problème, mais plutôt d’appliquer une très bonne leçon du Dalaï Lama : si tu peux faire quelque chose pour corriger le problème, fais le immédiatement. Si tu ne peux rien faire, arrête de t’angoisser, ça ne servira à rien d’autre qu’à te mettre de mauvaise humeur !

2. Pardonne

Si tu ne fais pas la paix avec ce qui vient de se passer, ça va continuer de tourner en rond dans ton cerveau et tu ne vas jamais t’en défaire. Si j’étais sortie du bus à Durban encore en colère avec une tête de six pieds de long, est-ce que tu crois vraiment que mon potentiel sauveur m’aurait adressé la parole ?

3. Fais confiance à l’univers

Et si l’univers est un concept trop flou pour toi, fais confiance aux gens ! S’il y a bien une chose que ce genre de mésaventures m’a appris (car ce n’est qu’un exemple parmi d’autres), c’est que pour une personne prête à me faire du tord, il y en a cent prêtes à m’aider sans rien demander en retour.

On entend toujours parler des cas isolés, des “méchants”, mais la vérité c’est que les gens sont bons ! T’es pas d’accord ?

Quelle est le pire imprévu en voyage que tu aies jamais rencontré ?

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