Le syndrome de Peter Pan chez les voyageurs

On entend souvent dire que certains grands artistes et que beaucoup de voyageurs en sont victimes. Le syndrome de Peter Pan, qu’est-ce que c’est ? Et pourquoi ça serait plus commun chez les voyageurs que chez les autres ?

Si on regarde la définition officielle, le syndrome de Peter Pan est une angoisse générée par la peur de grandir et notamment de devenir adulte. Effectivement, peut-être bien que ça naît d’une angoisse profonde au moment de l’enfance, mais ce que j’ai observé chez mes amis artistes et voyageurs (et moi-même), ce n’était pas de l’angoisse, au contraire. C’était plutôt une acceptation complète que malgré leur âge, leur taille ou leurs responsabilités, ils avaient bien le droit de garder un petit bout d’enfant dans le coeur.

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Et en même temps, quand on voit ce que veut dire « devenir adulte » dans notre société, ça me surprend presque que tout le monde ne l’ai pas, ce fameux syndrome.

« Mon enfant, quand tu seras grand, tu auras un travail auquel il faudra aller tous les jours, qu’il te plaise ou non. Tous les matins, tu te lèveras très tôt pour prendre la voiture ou le métro pour y aller. Et puis en même temps, t’essayeras de pas trop tarder pour trouver une personne avec qui passer le reste de ta vie et me faire des petits enfants. Je sais bien que ça a l’air fatiguant, mais le travail c’est important ! Si tu n’en as pas, alors tu risques de ne pas pouvoir nourrir ta famille ou de ne pas pouvoir t’acheter de super grande télé, et tu finiras à la rue avec les moins que rien que personne n’ose regarder en face. Aller, va à l’école, c’est pour ton avenir ! »

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L’angoisse, effectivement ! Pas étonnant que de plus en plus de jeunes (et de moins jeunes) refusent d’entrer dans ce système et décident de mettre les voiles. C’est comme ça qu’on récupère une génération complète de rêveurs et de voyageurs, une génération un peu bloquée dans l’enfance.

La vérité, c’est que le syndrome de Peter Pan rend la vie plus belle, et je vais t’expliquer pourquoi très rapidement. Mais avant, je voulais préciser quelque chose d’important :

Un jour, j’avais atterri un peu malgré moi dans une auberge de jeunesse réputée pour son ambiance complètement folle, située en bord de plage. J’étais en train de me préparer mon repas dans la cuisine en discutant avec un petit groupe de voyageurs pendant que dans la pièce principale à côté, c’était le bazar le plus total et le plus alcoolisé qu’on puisse imaginer. Au bout d’un moment, quelqu’un a déclaré gentiment, « Oh, il faut leur pardonner à tous ces surfeurs à côté, c’est tous des Peter Pan ».

Pardon ? En quoi est-ce que boire trois litres d’alcool tous les soirs est une attitude enfantine ? Apparemment, il y a deux façons bien différentes d’aborder le syndrome de Peter Pan : une version complètement irresponsable (et souvent un peu égoïste), et une version émerveillée et curieuse. Evidemment, les enfants peuvent être irresponsables, égoïstes, émerveillés et curieux tout à la fois. Mais laisse moi te donner un bon conseil d’entrée de jeu : malgré ce qu’on peut croire, l’alcool n’empêche pas de vieillir.

Et voilà pourquoi le syndrome de Peter Pan donne envie de voyager : car il garde éveillé la curiosité infinie qui est le propre de l’enfance. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? demandent les enfants en boucle. Et bien en voyage c’est pareil : Pourquoi tu t’habilles comme ça ? Pourquoi il n’y a pas assez d’eau ici ? Pourquoi ces bâtiments sont peints en bleu ? Et à chaque réponse vient l’émerveillement.

Le voyageur Peter Pan, c’est celui qui s’étonne devant chaque coucher de soleil, celui qui dit oui même aux expériences les plus folles, celui qui a confiance que la journée va être belle, celui qui ne s’inquiète pas de ne pas savoir où il va dormir le soir même … Moi je trouve ça plutôt idéal comme façon de vivre et de voyager.

Voyager ?

Voyager ?

Mais alors, si le syndrome de Peter Pan est si merveilleux que ça, pourquoi ça ne serait réservé qu’aux « originaux » et aux « bizarres » dont les voyageurs font souvent partie ?

« Et bien, » on me dit dans l’oreillette, « si tout le monde gardait un petit bout d’enfance, si tout le monde gardait de la place pour ses envies, pour la joie, pour l’impulsion du moment, et bien la société s’écroulerait sur place, plus rien ne fonctionnerait ! »

C’est bien vrai ça ? Tu veux dire qu’on ne peut pas tenir un boulot et nourrir sa famille si on est aussi capable de s’émerveiller sur la beauté du monde ?

Plus j’y pense, et plus je me dis qu’être un Peter Pan est plus une bénédiction qu’un syndrome. Les adultes qui ont complètement mis leur âme d’enfant au placard sont ennuyants et souvent malheureux. Moi je m’accroche volontairement à l’enfant que j’étais. Cette enfant était incroyable, elle était enthousiaste et créative, toujours curieuse et étonnée par la vie. Quand j’ai un doute sur la direction à prendre, c’est souvent elle qui a la bonne réponse. Je ne vois pas pourquoi devenir adulte devrait rimer avec blasé et monotone.

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Est-ce que je peux être une adulte même si je ne possède pas de réveil ? Même si je verse une petite larme devant un beau paysage ? Même si ça m’arrive de dégringoler une pente en courant et en riant juste parce que j’ai envie ? Même si des fois j’imagine que je suis dans un film d’aventure alors que je suis juste en train de randonner ? Même si je me permets parfois de changer complètement le cours de ma vie pour être heureuse ? J’espère que oui. Pour autant, je suis quelqu’un de responsable, je surveille mon budget, je ne fais rien qui puisse mettre moi ou les autres en danger, j’ai des passions et des projets.

Qu’il y a t-il de mal à vouloir s’envoler ? A ne pas se contenter de la routine ? A oser chercher le pays imaginaire ? A rire ou à pleurer ? A dire ce que l’on pense ? A faire ce que l’on a envie ?

Et toi, est-ce que tu es un Peter Pan ? 

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