Rencontrer le Dalai Lama

Ce matin là, je sortais de ma guesthouse et je marchais lentement dans la rue, sans savoir ce que la journée allait m’apporter. Je ne savais pas encore que c’était le jour où j’allais rencontrer le Dalai Lama.

Dharamsala, en Inde du Nord, est la maison officielle du Dalai Lama, mais abrite également toute une communauté Tibétaine, arrivée ici après avoir suivi leur meneur à travers les dangereuses montagnes. Pour autant, je n’avais pas imaginé une seule seconde que j’allais vraiment voir celui qu’ils appellent « His Holiness » (« Votre Sainteté »). Après tout, je suis déjà allé à Londres, et même à Buckingham Palace, plusieurs fois, et je n’ai jamais aperçu la Reine !

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Ce matin là, alors que je descendais la rue vers le Musée du Tibet, je me trouvai soudainement bloquée par une foule qui envahissait la rue. Les voitures et les motos essayaient de se frayer un chemin sans écraser personne, l’air était saturé de discussions animées. Au milieu de la foule, un vieux Tibétain portant un bonnet coloré regardait autour de lui, souriant à tout le monde. Je souriais en réponse, automatiquement, et lui demandai ce qu’il se passait. Ses yeux s’arrondirent et son expression devint sérieuse.

« Le Dalai Lama arrive » me dit-il d’une voix respectueuse.

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Il m’emmena plus loin dans la rue pour trouver un meilleur point de vu et j’attendais dans la boue pendant une heure, juste à côté d’une bannière annonçant « Welcome Home, Your Holiness » (« Bienvenue à la maison, Votre Sainteté »). Le vieil homme tenait à ce que je vois bien le Dalai Lama et me poussait constamment vers le premier rang.

Après une longue attente, passée à regarder les locaux brûler de l’encens, prier et laver la route (à cause de l’évacuation des toilettes juste là, bien sûr), tout le monde se tut soudainement. Ils sortirent leurs moulins à prières et leurs Khatas et la femme à côté de moi me tendit une extrémité de l’écharpe blanche, dans un geste de partage naturel. Je pliai le tissu entre mes doigts, joignant mes mains en prière et m’inclinant légèrement.

Je jetai un coup d’oeil discret sur la foule, cachée derrière mes cheveux. L’amour et la confiance sur leurs visages étaient émouvant.

Ils avaient traversés une chaîne de montagnes, marchés dans la neige pendant des jours sous la menace des tirs Chinois. Ils avaient tout abandonné, leur maison, leurs possessions, leur pays et leur famille. Ils avaient fui le Tibet envahit et mis leurs propres vies en danger pour arriver jusqu’ici.

Et tout ça parce que cet homme leur avait montré le chemin.

Photo source.

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Quand le Dalai Lama passa devant moi dans sa voiture, je l’ai vu très clairement. Il souriait sous ses lunettes et saluait la foule.

« Bienvenue à la maison », disait la bannière au dessus de la route. Mais, en observant les réfugiés Tibétains autour de moi, j’avais l’impression que c’était dans l’autre sens.

Que c’était l’arrivée du Dalai Lama qui permettait à son peuple de se sentir, enfin, à la maison.

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