5 raisons de partir en voyage polaire

Cette année, j’ai pour la première fois traversé le cercle arctique à bord d’un train destination Kiruna (Suède, Laponie). Par la fenêtre, je ne voyais que des forêts de sapins enneigés défiler à l’infini. A ce stade, les passagers qui entraient dans le wagon avaient l’air de bonhommes de neige. Franchement, j’avais peur de mourir de froid dès mon premier pas dehors, mais j’ai survécu et je suis vite tombée amoureuse du voyage polaire. J’y ai fait l’expérience de choses inédites et incroyables … (attention, j’ai gardé le meilleur pour la fin) !

1. LA NEIGE

J’avais déjà vu de la neige, en France puis en Islande, mais jamais dans de telles quantités. Au bord des routes, les piles montent plus haut que ma tête. Si on met un pied hors du sentier tracé, on ne sait jamais jusqu’où on va s’enfoncer (je l’ai appris à mes dépends) !

Et puis surtout, la neige, c’est rigolo. C’est une bonne excuse pour redevenir enfant l’espace d’une journée : lancer la neige, se jeter dedans, attraper les flocons avec la langue, … je ne m’en lasserai jamais !

2. LE SILENCE

Un paysage enneigé a un son tout particulier. Un silence à la fois doux et absolu. La neige étouffe tous les bruits, les animaux se cachent. En marchant seule dans la neige, je m’arrêtais parfois brusquement pour profiter de ce silence parfait (et me rendre compte que j’étais le truc le plus bruyant de cette forêt).

3. LE SAUNA

Qui dit pays froid dit souvent … sauna ! Et pas la version carrelée moderne (ou romaine), mais bien la petite hutte en bois où chacun se débrouille pour ajouter une bûche et renverser de l’eau sur les galets brûlants (c’est la vapeur d’eau ainsi créée qui fait augmenter rapidement la température). Pour une véritable expérience nordique, il faut ensuite se jeter dans la neige avant de se rhabiller. Je l’avoue, je me suis contentée de sortir et de me frotter une poignée de neige sur le visage. Si tu veux mon avis, c’est déjà pas mal …

4. MARCHER SUR L’EAU

En arrivant au petit village de Junosuando, le chauffeur me désigne une grande coulée déserte entre deux morceaux de forêt. « C’est la rivière », m’informe t-il. En voyant les empreintes de quelques motoneiges sur la rivière gelée, j’ai tout de suite un frisson. J’ai lu trop de bouquins et vu trop de films où ce genre d’affaire finit mal. D’abord on entend un craquement, puis une fissure apparait sur la glace, puis les loups arrivent, … hors de question que je me risque sur ce truc !

Le soir même, je suis mon hôte dans la forêt et la nuit pour atteindre le camp. Je trébuche un peu dans la neige mais à l’intérieur j’exulte. C’est l’aventure comme je l’aime : à pied dans la nature en faisant confiance à la lune, sans même une lampe de poche … Mon hôte me lance par dessus son épaule : « on est sur la rivière maintenant ». Je me rends alors compte que je suis au beau milieu d’une grande étendue lisse, dénudée, enneigée. Oups !

Petit balade en skis sur la rivière au coucher du soleil.

5. LES AURORES BOREALES

J’en ai déjà assez parlé : je voulais voir des aurores boréales. J’avais déjà fait le déplacement en Islande dans ce but mais j’étais rentrée quasi-bredouille. Cette fois, j’avais choisi ce petit village de Laponie et posé mes valises pour deux semaines avec la ferme intention d’enfin voir les lumières du nord.

Au début, c’était facile. Tous les soirs sans nuages, de grandes trainées vertes illuminaient l’horizon, mais ce n’était que le niveau 1 de l’extase. Un soir que j’étais tranquillement en train de manger, mon hôte arrive en urgence et me dit de sortir. J’enfile pantalon et manteau de ski en vitesse et je me précipite dehors. Un oeil sur le ciel, je cours jusqu’à la rivière gelée, l’endroit le plus sombre du village (je m’étais faite à l’idée de marcher sur l’eau).

Il n’y a que quelques trainées vertes dans le ciel, est-ce que je viens de louper l’aurore de ma vie ? Une fois au milieu de la rivière, un des plus gros rubans de lumière est juste au dessus de moi. Je me tords le cou, lève la tête, attends moins d’une minute, et là … tout à coup, le ruban commence à s’épaissir, j’ai l’impression de le voir bouger et vibrer sous l’effet de courants intérieurs. Brusquement, il prend de l’ampleur. Le vert devient plus blanc et plus lumineux. Le bord du ruban se teinte de rose. Ca bouge, ça danse de partout, c’est incroyable. Je reste pétrifiée sous cette beauté qui emplit tout le ciel. J’ai l’impression qu’il me suffirait de tendre la main pour toucher la lumière. Je me mets à pleurer, toute seule sur ma rivière gelée, mais je refuse de cligner des yeux.

Trente secondes plus tard, le ciel se calme doucement, le ruban de lumière s’immobilise. Je retourne dans ma chambre. Je l’avais tellement attendue, mais l’expérience était encore plus incroyable que ce que j’avais anticipé. Même le meilleur des timelapse ne rend pas justice à cette merveille de la nature. Cette nuit là, et beaucoup d’autres à venir, c’est le souvenir vivace des lumières dansantes qui m’accompagne jusqu’au sommeil.

A lire ensuite : 10 règles d’or pour voir une aurore boréale !

Alors, prêt à partir pour un voyage polaire ?

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La Junosuando Guesthouse (où je suis restée deux semaines) est incroyable, je la conseille très très vivement à tous ceux qui veulent faire l’expérience d’une Laponie authentique et voir les aurores boréales. L’hôtel est situé à Junosuando (face à l’arrêt de bus qui vient de Kiruna), et propose également d’aller dormir au Wilderness Camp de l’autre côté de la rivière (et je le conseille également, plutôt deux fois qu’une). Pour les petits budgets, il y a également un dortoir avec une cuisine attenant à l’hôtel. En plus de ça les propriétaires sont adorables et toujours prêts à tout pour aider les invités à découvrir la région ! La plupart des touristes s’arrêtent à Kiruna et c’est bien dommage …

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