Le bonheur n’est pas une destination

Tu sais de quoi je parle: quand je suis chez moi et que je rêve de voyager, j’ai cette brève vision de moi-même. Une image pleine de soleil, où mes cheveux volent dans le vent, où j’ai un grand sourire étalé sur le visage, et où je suis heureuse. C’est une image bizarrement proche de celles que je vois défiler sur Instagram tous les jours.

Tu as certainement cette vision également, à quelques détails près. Mais la constante c’est ce sentiment profond, cette certitude que là-bas, on sera heureux.

Du soleil sur Oxford.

Du soleil sur Oxford.

On dit souvent que les voyageurs fuient quelque chose. Malheureusement, je suis bien obligée d’être un peu d’accord. Bien que ce ne soit qu’une des nombreuses raisons qui me poussent à voyager, je fuis. Je fuis la routine, la vie de tous les jours et ses contraintes. En espérant certainement que, une fois libérée de tout ça, je trouverai le bonheur.

Mais la vérité, c’est que le bonheur n’est pas une destination. Le bonheur n’est pas sur la carte. Une fois arrivé dans un pays lointain, tu es , tout simplement. Toujours la même personne, avec les mêmes peurs, les mêmes idées et les mêmes doutes.

L'Islande. Photo credit : Billy Young.

L’Islande. Photo credit : Billy Young.

Parfois tu t’ennuieras, tu te sentiras frustré, énervé, tu douteras de tes décisions, tu te sentiras fatigué, tu auras faim, et, oui, des fois tu seras même heureux.

Plus ou moins le même manège qu’à la maison. Et ce moment de bonheur parfait, avec le soleil et les cheveux dans le vent ? Peut être qu’il arrivera. Mais ce sera une pépite éphémère, pas un état constant qui durera tout le voyage. Il faudra toujours faire l’effort d’aller chercher ces petits moments de bonheur, comme à la maison.

Un moment parfait en Ecosse.

Un moment parfait en Ecosse.

Mais, je sais ce que tu es en train de penser: si tout est comme à la maison, pourquoi est-ce que je me sens beaucoup plus calme et détendu en vacances sur une plage lointaine ?

Tout simplement car en abandonnant la vie de tous les jours, tu as aussi abandonné tes “boutons”. Tu les reconnais ces boutons ? Le chien des voisins qui aboie en pleine nuit ? La façon dont ton collègue t’appelle “chérie” ? Le son du réveil le matin ? Le lave vaisselle qui n’arrête pas de tomber en panne ? L’ami qui ne parle que de lui ? Le membre de la famille qui appelle toujours au mauvais moment ?

Ces boutons sur lesquels on appui tout le temps et qui font immédiatement monter la tension et naître la colère ou la rancune ? Pendant les vacances, il n’y a plus tous ces déclencheurs et ça te donne le temps de te détendre, mais pas assez pour créer de nouveaux “boutons” dans ce nouvel environnement.

Ce petit espace temps de calme est en vérité une réelle opportunité. Loin de toutes ces petites choses qui monopolisent ton cerveau le reste de l’année, tu as enfin le temps d’apprendre sur le monde et sur toi même, de changer les habitudes qui t’irritent. Peut-être même qu’en rentrant, quand le chien des voisins se remettra à aboyer en pleine nuit, ça ne t’énervera pas autant qu’avant, car tu auras eu le temps de prendre du recul et de remettre les choses en perspective.

Moment de réflexion en Turquie.

Moment de réflexion en Turquie.

Ce n’est qu’en rentrant chez soi que nous pouvons réaliser à quel point nous avons appris et grandis.

Car le bonheur n’est pas une destination. Le bonheur est à l’intérieur de nous, juste sous notre nez, mais des fois nous avons besoin d’un peu d’air frais pour balayer la poussière et les choses superflues qui encombrent nos vies.

Le voyage est un outil pour nous ouvrir l’esprit. Et bien que nous soyons en train de fuir, peut-être qu’en même temps nous courons vers le bonheur. Tous espérant qu’un jour nous pourrons le ramener à la maison et l’y garder pour toujours … ou au moins jusqu’au prochain décollage.

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A ton avis, où est le bonheur ?

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