A ceux qui se sentent pris au piège de leur vie

C’est toujours la même histoire. Aller à l’école, étudier, être diplômé, trouver un emploi, travailler, prendre sa retraite, et voilà.

Mais pourquoi ?

Je détestais l’école de tout mon être. Se lever à 6h du matin, passer toute la matinée fatiguée, rester assise sur une chaise toute la journée, apprendre des choses qui ne m’intéressaient pas, jusqu’à ce que sonne enfin la dernière heure, puis revenir à la maison juste à temps pour manger et aller se coucher. Combien d’enfants pleurent le matin ? Combien disent qu’ils n’aiment pas l’école ?

Quand j’y repense, ça me frustre de penser à toutes ces années que j’aurais pu passer à faire et à apprendre des choses intéressantes, plutôt que d’être obligée de suivre cette routine. Quand on est jeune, notre cerveau est réveillé, prêt à assimiler, à comprendre, à développer des intérêts et des passions. On a besoin de lire, d’être fascinés, d’être dehors, de dormir en respectant nos cycles naturels, de courir, de suivre nos instincts, …

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Pourquoi, à la place, sommes nous obligés de passer toutes nos journées à faire quelque chose que nous n’aimons pas ? Quand je me rappelle comment je me sentais le matin, ou que je vois des enfants qui partent pour l’école, je me sens triste.

Donc tu peux imaginer à quel point j’étais impatiente de finir mes études, et heureuse quand, enfin, un matin, je me suis réveillée sans avoir à aller à l’école. Mais, quelques semaines plus tard, j’ai commencé à travailler et je me suis rendue compte que c’était exactement la même chose.

Mes emplois n’étaient pas difficiles ou contraignants, ils étaient même plutôt agréables, autant que ce soit possible avec ce genre d’emploi. Mais le simple fait de devoir y aller tous les jours, à la même heure, pour faire quelque chose qui n’aidait ni moi ni personne, à attendre la fin de la journée, était insupportable. Chaque minute passée derrière mon bureau, je les passaient à me dire « je pourrais être en train de lire en ce moment, je pourrais être en train d’écrire en ce moment, je pourrais être en train d’essayer un nouveau plat en ce moment, je pourrais être en train d’acheter des billets d’avion en ce moment, je pourrais avoir le choix de mon activité plutôt que d’être forcée de rester derrière ce bureau ».

Ça te rappelle quelque chose ? Regarde les gens dans le métro le matin. Regarde-les assis devant leurs ordinateurs. Regarde-les revenir du travail le soir. Regarde leurs expressions.

On ne peut pas le nier, je ne suis pas la seule à ressentir cette frustration.

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Photo source. par Julian Ortiz

La bonne nouvelle c’est qu’il y a tout de même une énorme différence entre l’école et le travail : tu es obligé d’aller à l’école, mais en devenant adulte la vie s’est remplie de choix. Si tu es là où tu es maintenant, c’est parce que tu l’as décidé.

Quelques mois après le début de ma vie active, j’ai commencé à avoir vraiment peur. Quand j’étais étudiante, je voyais le bout du tunnel, mais là je me retrouvais soudainement devant la réalisation que c’était ça la vie, j’étais dedans.

J’avais l’impression d’avoir glissé ma main dans un engrenage, que les roues tournaient, tournaient, ma main prise au piège dedans, écrasée, et peu à peu mon corps entier allait être avalé.

Donc j’ai fait la seule chose qui me semblait logique : j’ai crié, je me suis débattue et j’ai retiré ma main.

J’ai démissionné, démarré ce blog, acheté des tickets d’avion, déménagé, utilisé mes quelques économies jusqu’à trouver des petits boulots de rédactrice. Tout ça n’a pas changé en un jour, mais sur plusieurs mois, et pas sans beaucoup de réflexion et de calculs. Ce n’est pas un « quitte ton travail et part » impulsif, mais un profond changement de ma vie. Je vais peut être devoir de nouveau prendre des petits boulots dans le futur, mais jamais, plus jamais, je ne me laisserai prendre au piège de l’engrenage.

La vie est courte, et pourtant nous sentons le poids et les émotions de chaque seconde. Pourquoi passer une minute de plus à faire quelque chose que je n’aime pas et qui ne fais pas vraiment de bien à qui que ce soit ? Ça n’a pas de sens. Pourquoi les choses sont-elles faites de façon à ce que la plupart d’entre nous passent leur vie entière à faire un travail ennuyeux, à gaspiller notre temps précieux ? Je n’y comprends rien.

Tu peux encore te débattre et libérer ta main de l’engrenage, tu peux encore essayer de trouver quelque chose qui te rends heureux, quelque soit ton âge et ta situation. Réfléchis bien, la vie est faites de choix, et tu ne devrais jamais t’y sentir pris au piège.

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Moi, j’ai fait mon choix : je veux dépenser chaque seconde à la poursuite du bonheur, selon ce que ce mot veut dire à chaque instant donné. Peu importe ce que je possède ou accomplis, je n’ai pas de projet de grandeur ou de richesse, à part celui d’être heureuse. Il me semble que ça serait déjà une belle réussite, et sûrement la seule qui compte vraiment, à la toute fin.

to those feeling stuck in life pin fr

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3 commentaires sur A ceux qui se sentent pris au piège de leur vie

  1. Capitaine Rémi // juin 3, 2016 á 5:19 // Répondre

    Ce n’est jamais facile de sortir du chemin qui est déjà tout tracé, mais quand on ose enfin le faire, et bien on se rend compte qu’il y a plein d’autres chemins possibles et qu’il est possible d’avoir une vie épanouie !

  2. Très beau texte dans lequel je me retrouve un peu, après 10 ans de métro/boulot/dodo, j’ai pris probablement la meilleure décision de ma vie, je suis parti en tour du monde, désormais revenir a mon ancienne vie est impossible, il me reste a en construire une nouvelle.

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